article Le Télégramme Jean-Luc Padelec 9 avril 2008


Erwan Balanant. L'adjoint réalise sa deuxième passion Réalisateur indépendant, notamment pour le milieu du show-biz, Erwan Balanant, 36 ans, est le benjamin des adjoints dans l'équipe Pennec, en charge de la communication et de la vie citoyenne.

Portrait

Quand on l'appelle pour caler notre entrevue, il est à Paris pour filmer la chanteuse qui monte, Berry. En attendant Elsa, la semaine prochaine, qui tente de relancer sa carrière avec un nouvel album. Florent Pagny et Marc Lavoine figurent aussi au tableau de chasse de ce jeune réalisateur indépendant qui a noué une relation privilégiée avec les artistes de la maison de disques Mercury. Mais s'il a l'occasion de côtoyer les stars du show-biz, il réalise aussi des films moins glamours pour le monde institutionnel ou des entreprises, « mon gagne-pain », dit-il. Concilier cette vie professionnelle ultra-prenante avec son nouveau rôle d'élu, ne l'effraie pas outre mesure. Après tout, il y a quelques années, à Rennes, il menait de front ses études en maîtrise d'histoire contemporaine et l'athlétisme de haut niveau. Alors membre de l'équipe de France espoirs de saut en hauteur, sa marque référence se situait à 2,19 mètres. Et quand d'autres montent à la capitale pour donner un élan à la carrière, lui a fait le chemin inverse. S'installer en Bretagne, où sont ses racines, « c'était un choix et une revendication », assure celui qui a rendu les clefs de son appartement parisien voici quatre ans.

Au nom du père

Ses racines, il en parle volontiers, et en est fier. Début du rembobinage : « Je suis arrière-petit-fils et fils de paysans ». Mais aussi fils de Michel Balanant, qui fut maire sans étiquette de Rédéné durant deux mandats, de 1977 à 1989. « J'avais cinq ans quand il est devenu maire. Ça vous marque un bonhomme, ça ». La fibre citoyenne, cette volonté de s'engager auprès et pour les autres, il la doit donc au père, mais aussi à la mère, qui fut administratrice d'Emmaüs une trentaine d'années durant. Peu avant le passage à l'âge adulte, il apprendra aussi la signification du mot défaite en politique, toujours « grâce » à son père, recalé par la seule volonté des citoyens, et par la règle impitoyable du panachage.

n748943219_174745_2096.jpg photo Donata Wenders

Humble devant l'immensité de la tâche

C'est peut-être tout ça qui lui fait aujourd'hui aborder l'immensité de sa tâche d'élu « avec modestie mais passion », mais aussi avec « la pleine conscience du travail qu'il va falloir accomplir ». Son engagement en politique s'est fait à tâtons. Il l'avoue : quand il était étudiant à Paris, en master of art à l'école nationale de création industrielle, il lui est arrivé d'accompagner un copain dans une réunion du PS. Mais entre la gauche qu'il qualifie de « systémique » et la droite « idéologique », il n'a jamais pu choisir. Et puis Bayrou est arrivé, avec sa ligne médiane, ni de droite, ni de gauche. Pas un choc, non, mais cette impression d'avoir trouvé la personne idoine, celle dont les aspirations humaniste et progressiste collent parfaitement à ses propres critères. Depuis, le jeune militant du MoDem a retrouvé ses mêmes valeurs dans la personnalité et l'approche d'Alain Pennec. Leur première vraie rencontre ? « C'était juste après sa déclaration de candidature. On a beaucoup parlé de l'identité de la ville, pour s'accorder sur la nécessité de mieux l'affirmer, ici et en dehors ». Erwan Balanant est aujourd'hui le plus jeune adjoint dans l'équipe du nouveau maire, en charge de la communication et de la vie citoyenne. À lui de bien trouver ses marques, pour se montrer une nouvelle fois à la hauteur...