Les résultats des élections du 7 juin ont abondamment fait couler l’encre et la salive… Notamment chez ceux qui ont vu dans le « succès » de Europe Ecologie le symbole-même de « l’échec » du Modem et de son leader, François Bayrou ! Ne laissons pas quelques commentateurs prétendre détenir et affirmer la vérité sur le sens de ces résultats en jouant les Madame Irma concernant l’avenir de notre mouvement…
Rappelons que notre mouvement, c’est avant tout :
 
-          Un parti riche du dynamisme de ses adhérents
La vitalité et la force des adhérents, leurs réactions nombreuses et passionnées, leur volonté de prendre les choses en mains et de proposer des alternatives nouvelles sont de multiples preuves de notre potentiel extraordinaire. Plus que jamais, je pense que une des force de notre parti réside dans ses adhérents et dans leur diversité. Que d'initiatives ! Que d’enthousiasme ! Que de compétences aussi ! Les multiples propositions de toutes parts sont les signes d'une dynamique forte à venir. Nous sommes un parti jeune et débordant d’énergie ; lesquels de nos concurrents peuvent en dire autant ?
 
-          Des convictions qui sont autant de valeurs d’avenir
Ce que nos rivaux, triomphant avec une modestie toute discutable, appellent un « échec » en aurait été un  si nous avions été « à coté de la plaque », si nos idées n'auraient plus été celles du moment. Il n'en est rien et la proximité idéologique de nos propositions avec bon nombre de points du programme d'Europe Ecologie en est une preuve éclatante. Je reste persuadé que la conclusion de la présentation de notre programme pour les élections Européennes recouvre,  bien une attente viscérale de nos concitoyens en espérance « d'un projet de société qui concilie l'exigence sociale, l'impératif démocratique et l'urgence écologique. »
 
-          Un leader fédérateur, capable d’incarner notre vision
Nous sommes nombreux à avoir adhéré au Modem pour rejoindre et soutenir François Bayrou. Il a incarné une vague d'espérance, une volonté de faire de la politique autrement, de remettre l’enjeu démocratique et les citoyens au cœur du projet de société que nous souhaitons construire.  Si les réactions de déception et de défiance se font jour actuellement, nous nous savons capables, assez sûrs de nous pour rassurer les électeurs et leur donner profondément et durablement confiance dans notre projet. Nous ne sommes pas un parti « de coup », nous ne sommes pas là pour semer la pagaille dans le traditionnel jeu gauche-droite, mais bien pour proposer une alternative crédible.
 
Des adhérents de qualité, un projet d'avenir, un leader charismatique... franchement nous pensions tous être à l'abri d'un revers électoral... et pourtant. La déception est forte mais c'est bien le signe que la politique est une aventure complexe, faite d’embûches.
 
Qu'est ce qui peut alors expliquer notre échec ? Quelles pourraient en être les causes ?
A quoi attribuer ces résultats décevants ? Comment expliquer que nous n’ayons pas su cette fois-ci transformer l’essai, convaincre  les français de notre légitimité absolue à siéger massivement au Parlement européen ?
 
A posteriori, il est toujours tentant, pour nos adversaires, comme pour nous-mêmes, d’attribuer « un échec » à des causes trop faciles à désigner : Une fin de campagne catastrophique ? Les altercations malheureuses sur un plateau télé ? Une erreur de stratégie de campagne ? Réduire aux dérapages de campagne, aux polémiques excessives est absurde. Prétendre qu'il ne s'agit que d'une erreur stratégique de François Bayrou est également caricatural voire  une erreur. Les causes sont multiples dans un contexte politique complexe : l’analyse électorale n’est pas une science exacte et ne se pratique pas de la façon la plus sereine qui soit sur le zinc du café du commerce. Prenons de la hauteur, tâchons de ne pas désigner nos ennemis à l’intérieur de notre camp, ne perdons pas notre énergie et notre temps à battre notre coulpe sans fin : mettons en place les conditions d’une analyse sereine, apprenons de nos erreurs, gardons confiance en nos atout. « Tout ce qui ne me tue me rend plus fort », dit le philosophe Friedrich Nietzsche : nous sommes loin d’être morts, soyons de plus en plus forts !
 
Les électeurs ne nous ont cette fois-ci  pas reconnu comme l’incarnation de la volonté de changement. La responsabilité est collective.
 
Pour rebondir nous devons travailler à la réincarnation d'un désir et d'un projet politique Comment faire pour incarner cette nouvelle vision qu'espèrent de nombreux français ?
 
Dans un premier temps définir notre projet politique et travailler à définir le triptyque : humanisme,  développement soutenable, et démocratie. Une fois notre corpus idéologique posé et compris nous pourrons  agir sur plusieurs axes simples.
 
– Personnifier le mouvement avec de nouveaux visages :  Le mouvement doit faire émerger des personnalités nationales capables de batailler fortement dans les médias mais également des figures de proue dans les régions pour que nos concitoyens s'identifient à des personnes proches de leurs préoccupations dans les territoires.
 
– Travailler notre projet politique devra s'accompagner d'un travail sur  notre « marketing politique ». Nous avons des valeurs. Exprimons des propositions fortes, repérables, lisibles. Faisons de la pédagogie. Ne nous limitons pas à un discours humaniste complètement abscons pour nombre de nos citoyens. Imaginons des propositions simples et identifiables, en nous préservant, cela va de soi de la tentation démagogique, d’essence contraire à notre éthique. De la vitalité et des compétences des adhérents, de l'expérience des élus et leaders du mouvement créons des idées fortes porteuses d'avenir. Les élections régionales doivent être l’occasion de nous permettre de créer de véritables projets de territoire, accompagnés de propositions fortes et identifiables.
 
– Affirmer notre soutien à François Bayrou qui est aujourd’hui la personnalité politique française la plus crédible pour incarner en 2012 la volonté de changer notre pays et pour faire barrage à la réélection de Nicolas Sarkozy.
 
Voilà une série de constats et réflexions qui je l'espère participeront modestement à faire avancer et grandir notre cher Mouvement Démocrate.