Contrairement à l'habitude, je reprend un texte que je n'ai pas écrit. Il reflète parfaitement ce que je pense en ce moment de notre président de la République. Il a été écrit par la rédaction du média social "Les démocrates"

A vrai dire, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Ce n’est pas une affaire d’Etat, ni même une affaire grave. Mais elle en dit long. Long sur le caractère du président de la République, sur sa facilité à prendre des libertés avec la réalité, et sur le soutien inconditionnel qu’il exige de ses amis et de ses collaborateurs, contre la volonté de ceux-ci et quelles que soient les circonstances.

L’anniversaire de la destruction du mur de Berlin approchant, Nicolas Sarkozy y a vu une occasion favorable. Le grand vent de l’Histoire allait souffler et allait balayer les petites querelles quotidiennes qui usent les meilleurs. Qu’il allait être bon et confortable de s’y engouffrer ! Allez, cette fois, ce serait sur sa page Facebook, un moyen sympathique de renouer avec les Français sur un mode amical. Et tant qu’à faire, autant enjoliver les choses et mettre en scène comme il se doit. Ainsi, on rusera un peu avec la vérité, et on dira avoir été à Berlin le 9 Novembre au soir plutôt que le 16 comme tant d’autres milliers d’Européens qui ne sont pas devenus chef d’Etat.

Si le président s’était trompé de bonne foi, personne ne parlerait d’incident. Mais ce qui est gênant, c’est la raison invoquée par le président pour avoir été à Berlin le soir même de la destruction du mur. Le 9 Novembre au matin,contrairement à F.Mitterrand, à H.Kohl, à M.Gorbatchev, contrairement à tous les responsables et les observateurs les plus expérimentés, contrairement à tous les Berlinois eux-mêmes, lui N.Sarkozy avait eu un pressentiment; mieux : une intime conviction : le mur allait tomber ce soir. ” Nous décidons de quitter Paris…pour participer à l’évènement qui se profile “, assure-t-il sur sa page Facebook.

Cette prétention à tout savoir mieux que chacun et que tous réunis, c’est gênant, c’est une faute et cela explique bien des erreurs actuelles.

Ensuite, si le président avait conservé pour lui son fantasme, rien évidemment ne serait advenu. Mais il a fallu qu’il utilise Facebook, son lien personnel avec les Français pour leur raconter cette histoire fabriquée et enjolivée. Une fois de plus, il a cédé à ce besoin irrépressible de communiquer, même quand les faits ne sont pas avérés ni vérifiés. Et ça c’est gênant, c’est une faute et explique bien des erreurs actuelles.

Et puis, devant les interrogations, les “confirmations” amicales tombent en rafales : François Fillon, le premier ministre, Alain Juppé ancien premier ministre et compagnon de voyage, d’autres sont embrigadés, sommés de soutenir les affirmations du président sous peine d’être excommuniés sans sommation. Rama Yade est là pour leur rappeler. Et tant pis si pour cela il faut mentir, dire le contraire de ce que l’on pense ou de ce que l’on sait. Ca c’est gênant, c’est une faute et explique bien des erreurs actuelles.

Tant de dérives graves sont résumées dans ce petit incident. Goethe avait raison : “le diable est dans les détails”.